Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, également Président du Conseil National de la Décentralisation, a présidé ce 10 Juillet à Yaoundé les travaux de la première session ordinaire de cette institution au titre de l’exercice 2026. Cette rencontre, qui s’est tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement, a permis de dresser un état des lieux exhaustif de la mise en œuvre de la politique de décentralisation au Cameroun, avec un accent particulier sur le fonctionnement des régions.

Dans son allocution d’ouverture, le Premier Ministre a souhaité une cordiale bienvenue à l’ensemble des participants, avant de rappeler les avancées significatives enregistrées depuis la dernière session du conseil tenue le 19 décembre 2025. Il a notamment évoqué la signature, le 12 juin 2026, du décret fixant les modalités de centralisation, de répartition et de reversement des recettes fiscales dédiées à la péréquation au niveau régional et à l’interrégionalité. Par ailleurs, le Ministre des Finances et le Ministre de la Décentralisation et du Développement Local ont conjointement signé un arrêté fixant les modalités de création et d’organisation des unités de suivi de la fiscalité locale au sein des collectivités territoriales décentralisées, ainsi qu’un communiqué définissant les modalités transitoires de collecte de certaines redevances locales.
Le Chef du Gouvernement a souligné que ces diligences administratives témoignent de la constance de la démarche gouvernementale et traduisent la vision éclairée de Son Excellence Monsieur Paul Biya, Président de la République, qui entend approfondir le processus de décentralisation de manière inclusive, méthodique, progressive et irréversible. Cette politique s’inscrit dans la perspective de la promotion du développement local et du bien-être des populations, pour lesquelles les collectivités territoriales décentralisées, et particulièrement les régions, doivent devenir de véritables catalyseurs de l’essor socio-économique.
Toutefois, le Premier Ministre n’a pas occulté les difficultés majeures qui ralentissent l’atteinte de ces objectifs. Il a relevé que des obstacles entravent notamment la mise en œuvre de la réforme de la fiscalité locale, générant d’importantes tensions de trésorerie au sein des communes et des régions, avec un impact négatif sur le climat social et l’économie locale. Face à ces constats préoccupants, il a appelé à une mobilisation générale des membres du gouvernement concernés et de l’ensemble des institutions compétentes, afin de lever aussi rapidement que possible les écueils identifiés dans le processus d’implémentation de la décentralisation, conformément aux instructions itératives du Chef de l’État.
À l’issue des travaux, qui ont duré près de deux heures, le Ministre de la Décentralisation et du Développement Local, Georges Elanga Obam, s’est exprimé devant la presse pour livrer une synthèse des échanges. Il a indiqué que cette session était dédiée à l’évaluation du fonctionnement des régions, avec un point particulier sur le prisme tel que perçu par l’État et les acteurs de terrain, notamment l’Association des Régions du Cameroun et les assemblées régionales à statut spécial. Le ministre a tenu à rassurer en affirmant que le processus de mise en place des régions pour la première mandature est globalement un succès, les institutions étant désormais en place et dotées d’une administration et d’un environnement de travail.
Cependant, plusieurs défis ont été identifiés, notamment la nécessité d’une définition claire des compétences transmises aux régions, l’amélioration de la qualité de la collaboration avec les services de l’État et les autres collectivités, ainsi que le besoin crucial de ressources financières adéquates. Le ministre des Finances a fait valoir que les ressources provenant de la fiscalité locale sont actuellement cantonnées au ministère des Finances, mais que leur disponibilité sera effective dès que l’ensemble des dispositifs technologiques seront opérationnels. Le Premier Ministre a prescrit que des ressources soient mises à disposition dans des délais courts, tout en exhortant à régler l’ensemble des questions juridiques liées à la production des textes d’application.
S’agissant des régions à statut spécial que sont le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, le Premier Ministre a prescrit qu’elles soient associées à toutes les réflexions visant à améliorer la politique éducative dans le système anglophone, notamment au niveau de l’enseignement secondaire. Il a également demandé au ministère de l’Administration Territoriale d’associer les “Houses of Chiefs” à toutes les questions liées à l’organisation de la chefferie traditionnelle. En définitive, le ministre Elanga Obam a conclu en réaffirmant que les régions sont bien mises en place et fonctionnent correctement, et qu’elles monteront en puissance pour autant que les questions de concertation soient réglées et que les ressources financières soient mises à leur disposition rapidement, conformément aux prescriptions du Premier Ministre, Président du Conseil National de la Décentralisation.

