DÉCLARATION DE LA COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME DU CAMEROUN À L’OCCASION DE LA 7E JOURNÉE INTERNATIONALE POUR LA PROTECTION DE L’ÉDUCATION CONTRE LES ATTAQUES
Yaoundé, le 9 septembre 2026
Thème : « L’éducation peut-elle survivre aux attaques ? – La résilience des communautés humaines »
À l’occasion de la 7e édition de la Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques, la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) a rendu publique, ce 9 septembre 2026, une déclaration dans laquelle elle dresse un état des lieux préoccupant de la situation sécuritaire dans les zones d’enseignement du pays et formule des recommandations fermes à l’endroit des parties prenantes.
Des avancées législatives freinées par une mise en œuvre lacunaire
Dans son message, la CDHC exprime sa vive préoccupation face au « défi structurel que constitue la lenteur observée dans la mise en œuvre de la résolution 2601 (2021) du Conseil de sécurité des Nations Unies ». Cet instrument majeur, qui consacre la protection des écoles et des établissements d’enseignement contre les attaques et leur utilisation à des fins militaires en période de conflit armé, peine encore à trouver une application effective sur le terrain, notamment en matière de prévention, de préservation du caractère civil des infrastructures scolaires, de protection des apprenants, des enseignants et du personnel éducatif, de collecte et de suivi des données, ainsi que d’enquêtes et de poursuites contre les auteurs de violations.
Une « économie de la terreur » qui cible le corps enseignant
La Commission s’alarme également de la persistance de ce qu’elle qualifie d’« économie de la terreur ». Entre le 10 septembre 2025 et le 8 septembre 2026, au moins quatre épisodes d’enlèvements ont visé neuf membres du personnel éducatif, avec des demandes de rançon dont le montant cumulé dépasse les 77 millions de francs CFA. Ces actes criminels, en plus de briser des vies, fragilisent durablement le système éducatif dans les régions les plus exposées.
Les recommandations de l’EPU : six engagements à concrétiser
La CDHC rappelle que sur les 220 recommandations acceptées par l’État du Cameroun à l’issue du 4e cycle de l’Examen périodique universel (EPU), le 26 mars 2024, six concernent spécifiquement la protection de l’éducation contre les attaques. Ces recommandations ont été transmises par l’Institution nationale des droits de l’homme (INDH) aux structures étatiques compétentes ainsi qu’aux organisations de la société civile, chacune en ce qui la concerne.
Recommandations spécifiques de la CDHC
- Au Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (CNDDR)
La Commission recommande au CNDDR de « renforcer ses actions d’information, de sensibilisation et d’accompagnement destinées aux membres des groupes armés appelés à renoncer à la violence ». L’objectif est d’accélérer le dépôt volontaire des armes, la démobilisation et la réinsertion sociale et économique des ex-combattants, en coordination avec les administrations compétentes et dans le respect des exigences de sécurité et de justice.
- Aux groupes terroristes sécessionnistes et à Boko Haram
La CDHC lance un appel solennel à ces groupes pour qu’ils :
· « cessent immédiatement et définitivement toute hostilité, menace ou agression dirigée contre le corps enseignant, les apprenants et les Forces de défense et de sécurité (FDS) », afin de favoriser la reconstruction et le développement économique des localités concernées ;
· « déposent les armes sans délai et rejoignent massivement les centres du CNDDR », pour bénéficier des programmes de resocialisation, de formation professionnelle et de réinsertion économique mis en œuvre par l’État.
L’éducation, pilier de la résilience
En cette journée dédiée à la protection de l’éducation, la CDHC réaffirme que l’école ne saurait être une cible. Elle est, au contraire, le socle sur lequel les communautés humaines bâtissent leur résilience face à l’adversité. Garantir la sécurité des apprenants et des enseignants, c’est préserver l’avenir du Cameroun.
La Commission appelle l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux à redoubler d’efforts pour traduire dans les faits les engagements pris, afin que chaque enfant, chaque enseignant, chaque établissement scolaire puisse exercer ses droits en toute sécurité.

