SOCIETE

REDDITION EN FLUX CONTINU DES SÉPARATISTES SÉCESSIONNISTES: SILENCE PRÉJUDICIABLE OU COMPLICE DES MÉDIAS ???

Written by Annette Olinga

C’est peu dire que l’irruption de la violence armée dans nos régions
administratives du Nord-Ouest et du Sud-Ouest avait fait l’actualité.
C’était l’actualité, et en parler était d’actualité. Les unes des journaux,
les antennes de radio, les plateaux télé foisonnaient d’articles, de
débats et autres reportages tous focalisés sur le sujet.
Occasions pour les citoyens ordinaires de faire part de leurs
appréhensions, pour les autorités de livrer leur appréciation de la
situation. Occasions surtout pour toutes sortes d’experts avérés ou
spontanés, de développer des théories d’analyse prédictive sur les
évolutions du drame sans précédent qui affligeait nos populations.
Chaque ville, chaque village de la zone affectée avait ses experts
locaux ou étrangers, capables de dire combien de personnes
déficientes mentales avaient été massacrées par les Forces de
Maintien de l’Ordre, tout en s’extasiant, dans un cynisme abject,
devant les glorieux faits d’armes des hordes de pillards égorgeurs.
Quant aux voies et moyens susceptibles de favoriser le rétablissement
d’un climat de sécurité, tous étaient unanimes à préconiser une sortie
de crise apaisée, à travers le dialogue et la concertation avec tous les
protagonistes. Ils ne croyaient pas si bien dire.
La réaction des pouvoirs publics va se faire en deux temps. Le 30
novembre 2018, soit un an après le début des violences, un Comité
National sera mis sur pied avec pour mission assignée d’organiser,
d’encadrer et gérer le désarmement, la démobilisation et la
réintégration des ex-combattants du Boko Haram et des groupes
armés des Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, désireux de
répondre favorablement à l’offre de paix du Chef de l’Etat en déposant
les armes.
En somme, pas de reddition forcée, pas de poursuites judiciaires, juste
une volonté délibérée de faire la paix avec soi-même et avec la
communauté nationale. Et cerise sur le gâteau, l’opportunité offerte
aux repentants de reprendre des études, ou d’apprendre un métier.
Sur cette lancée de recherche de la paix des coeurs, le Grand Dialogue
national organisé au Palais des Congrès de Yaoundé, va réunir des
représentants de pratiquement toutes les facettes de la société
camerounaise, avec pour mission de scruter les sujets de crispations,
puis d’en proposer des solutions les plus réalistes possibles. Bon
nombre d’entre ces dernières est déjà venu à matérialité.
Pendant ce temps, des centaines de terroristes, désormais appelés
ex-combattants, continuent de quitter les rangs de la sédition, nous
rapprochant ainsi, du terme de la tourmente qui nous a assez
ponctionné des vies et des ressources. De quoi ressusciter l’espoir
d’un prochain retour à la sérénité et au développement.
Sauf que l’effervescence médiatique locale semble connaître un réel
essoufflement, situation préjudiciable à la pérennité et l’efficacité des
initiatives de résolution des crises
socio-sécuritaires que vit notre pays. Non
seulement l’opinion se retrouve en dehors
du cours des événements, mais les
principaux concernés par ces mesures de
déconfliction finissent par douter de leur
bien-fondé.
Plus grave encore, l’espace informationnel
ainsi laissé vacant par nos médias constitue
une aubaine pour les organes de presse
étrangers, qui ne se font pas prier pour
saturer nos entendements de narratifs
tantôt sombres, tantôt sulfureux, dans le
seul but de pousser les camerounais que
nous sommes, à désespérer de la fin des
violences armées. Un soft power de la
démoralisation qui plus que toute autre
contrainte, actera notre défaite.
Qui peut accepter çà ???
Sachons rester vigilants !!!
Sachons rester définitivement patriotes !!!

Capitaine de vaisseau, Atonfack Guemo, chef de la Division de la communication Mindef

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Annette Olinga

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