La 15e édition du Salon de l’action gouvernemental a été le théâtre d’une annonce majeure du Professeur FUH CALISTUS Gentry, Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (MINMIDT). Devant un public venu en masse, le représentant du gouvernement a détaillé les actions menées par son département en écho au thème de cette édition : « Partenariat État-Secteur privé : levier d’un Cameroun émergent ». L’allocution, ponctuée d’échanges directs avec l’assistance, a permis de dresser un bilan sans précédent pour le secteur extractif national.
2025, l’année de tous les records : le Cameroun entre dans le club privilégié des nations minières
Le Professeur FUH CALISTUS Gentry a d’emblée placé l’année 2025 sous le signe de l’exploit. Sous l’impulsion du Président de la République, le Cameroun a franchi un cap historique en intégrant le cercle très fermé des pays producteurs miniers. « On retient que le Cameroun est entré dans le club privilégié, le club des pays miniers au monde en 2025 », a-t-il martelé. Cette consécration est le fruit de la mise en production simultanée de cinq projets d’envergure : les fers de Bipindi-Grand Zambi et de Kribi-Lobé (Mamelles), la bauxite de Minim-Martap, le marbre de Bidzar et l’or de Colomine.
Le projet de Minim-Martap a fait l’objet d’un développement particulier. Le Ministre a détaillé les neuf volets opérationnels de ce projet géant, incluant le transport, le terminal minéralier et la production d’alumine. « Les premiers wagons sont déjà là et les derniers vont arriver en juillet avec l’exportation de la première bauxite de notre pays depuis l’indépendance en septembre », a-t-il précisé, annonçant un événement historique pour l’économie nationale.
Perspectives 2026 : dix nouveaux projets et une industrie minière structurée
Pour l’année en cours, la dynamique s’accélère. Le MINMIDT assure le suivi de cinq autres projets miniers, notamment les gisements de fer de Mbalam, Nkout et Ngovayang, ainsi que les sites aurifères de Mborguéné et Bibemi. À terme, l’ambition est de faire émerger une industrie minière robuste autour de quatre filières principales : le fer, la bauxite, le calcaire et l’or.
Face aux interrogations d’un membre de l’assistance sur la création d’emplois, le Ministre a été catégorique : « Bien sûr ! Le projet, c’est des projets de grande envergure qui offrent des petits. Avec les dix projets qu’on va développer en totalité, on parle des centaines de milliers d’emplois. » Une promesse à forts relais sur le plan social.
Restructuration du secteur semi-mécanisé : 110 sociétés traduites en justice et des recettes immédiates
Le temps fort de la conférence a porté sur l’assainissement du secteur de l’exploitation artisanale semi-mécanisée de l’or. Le Pr FUH CALISTUS Gentry a dévoilé un dispositif coercitif en cinq volets : environnemental (caution de 63 millions FCFA), fiscal (impôt de 25 % et droits de sortie de 5 %), légal (majorité camerounaise de 51 % dans le capital), technique (seuil minimal de 5 kg d’or/mois pour le minerai primaire et 3 kg pour l’alluvial) et technologique (système en vase clos).
Interpellé sur la question de l’or qui « disparaît » à l’Est, le Ministre a livré un bilan sans concession : « Au moment où je vous parle, 110 sociétés, au moins c’est plus de 100 sociétés, sont déjà traduites en justice parmi les 200 qu’on a publiées. Et il y a encore les sociétés, dans les jours à venir, qu’on va encore traduire en justice. » L’objectif est de combler l’écart entre la production réelle et les déclarations à l’exportation. « L’écart entre ce qui est produit au Cameroun et ce qui est déclaré à l’étranger est dû à des déclarations qui ne sont pas correctes », a-t-il dénoncé.
Selon ses projections, sur la base du seuil minimal de 5 kg par mois, la production annuelle projetée est de 1 320 kg d’or, avec une collecte attendue par la SONAMINES d’au moins 380 kg. Les retombées financières sont considérables : 8,64 milliards FCFA pour cent sites régularisés, et 17,28 milliards pour deux cents sites.
Redonner le secteur aux Camerounais : la bataille de la légalité
Au-delà des chiffres, le Pr FUH CALISTUS Gentry a placé cette restructuration sous le signe de la souveraineté économique. « Les Camerounais vont reprendre le secteur artisanal où la loi leur donne 51 % minimum. Pour toute semi-mécanisée au Cameroun, les Camerounais doivent reprendre leurs 51 %. Quand c’est fait en illégalité, le Camerounais est exclu. Voilà pourquoi on exige que l’illégalité égale l’écart entre ce qui est déclaré et ce qui est produit », a-t-il expliqué.
Industrie et technologie : les autres piliers de l’émergence
Le Ministre n’a pas manqué de détailler les avancées industrielles. Le MINMIDT a mis en place des chaînes de valeur complètes : transformation de l’argile en carreaux, bauxite-alumine-aluminium, calcaire-clinker-ciment, et fer-billettes. Les zones économiques spécialisées d’Edéa et Bertoua sont opérationnelles, tandis que le projet de parc textile à Garoua devrait créer plus de 10 000 emplois dès 2028. Sur le plan technologique, le Cameroun confirme son leadership africain en matière d’Indications Géographiques (poivre de Penja, miel d’Oku) et lance les Journées Technologiques Nationales pour financer l’innovation des jeunes via l’OAPI.
Ponctuée par une séance de questions-réponses vivace, la conférence s’est achevée sur une note de satisfaction générale. Le public, composé d’acteurs économiques et de partenaires techniques, a salué la franchise et la précision des annonces. La traditionnelle photo de famille a immortalisé ce moment, augurant d’une mise en œuvre concrète des réformes pour faire du partenariat État-secteur privé le véritable levier d’un Cameroun émergent.

