La cérémonie de pose de la première pierre du projet de reconfiguration du réseau d’eau potable de Yaoundé, présidée le 25 juin 2026 par le ministre Gaston Eloundou Essomba, concrétise un investissement sans précédent de 111,6 milliards FCFA. Porté par la CAMWATER avec l’appui de partenaires financiers belges et italiens, ce chantier vise à résoudre les goulots d’étranglement d’un réseau vieillissant qui freine l’essor de la capitale.
Ce jeudi 25 juin 2026 restera gravé dans l’histoire du développement des infrastructures hydrauliques du Cameroun. Sur l’esplanade de la mairie de Yaoundé VII, à Minkoameyos, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a procédé à la pose officielle de la première pierre du Projet de Reconfiguration du Réseau d’Alimentation en Eau Potable de la ville de Yaoundé et de ses environs. Une cérémonie qui a réuni de nombreuses personnalités gouvernementales, administratives, diplomatiques et partenaires techniques et financiers, autour d’un constat partagé : produire plus d’eau ne suffit pas si le réseau ne permet pas de l’acheminer efficacement jusqu’aux usagers.
111,6 milliards FCFA : le plus gros investissement hydraulique jamais consenti pour la capitale
L’ampleur du projet se mesure d’abord à son envergure financière. Le 13 février 2026, le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, a signé trois conventions de financement totalisant 171,65 millions d’euros, soit environ 111,6 milliards de FCFA. Ces ressources, mobilisées auprès de partenaires européens, se répartissent en trois lots complémentaires :
· Lot 1 : 73,12 millions d’euros (47,97 milliards FCFA) accordés par la banque belge ING ;
· Lot 2 : 60 millions d’euros (39,36 milliards FCFA) financés par Belfius Bank de Belgique ;
· Lot 3 : 38,53 millions d’euros (25,28 milliards FCFA) soutenus par Deutsche Bank Italie.
Ces financements traduisent la solidité des relations de coopération entre le Cameroun et ses partenaires européens, ainsi qu’un engagement commun en faveur du développement des infrastructures sociales de base.
Une réponse aux limites du réseau existant
Ce projet est présenté comme une excroissance du Programme d’Alimentation en Eau Potable de Yaoundé et ses Environs (PAEPYS), achevé et inauguré en 2024. Le PAEPYS a permis de construire une nouvelle station de production sur la Sanaga, à Batschenga, d’une capacité de 300 000 m³ par jour, extensible à 400 000 m³. La station d’Akomnyada ne produisant que 100 000 m³ par jour pour une demande estimée à 315 000 m³, le PAEPYS avait vocation à combler le gap.

Pourtant, comme l’a rappelé le Directeur Général de la CAMWATER, le Dr Blaise Moussa, malgré ce renforcement de la production, l’infrastructure ne suffit pas à elle seule à améliorer la desserte de toutes les populations. La configuration actuelle du réseau de distribution, vieux de plusieurs décennies, empêche d’alimenter certains quartiers et zones périphériques. D’où la nécessité d’une reconfiguration adaptée à la nouvelle source et aux nouveaux flux.
Des objectifs chiffrés pour une transformation durable
Le projet de reconfiguration vise à transformer durablement le paysage hydraulique de Yaoundé et à accompagner sa croissance démographique et économique. Les objectifs poursuivis sont ambitieux :
· Porter la capacité d’absorption et de distribution du réseau à 480 000 m³ d’eau par jour contre environ 300 000 m³ actuellement ;
· Optimiser l’intégration des productions issues des stations de Batchenga (PAEPYS), d’Akomnyada et de la Mefou ;
· Éliminer progressivement les rationnements d’eau ;
· Garantir une pression minimale de 1,5 bar sur l’ensemble du réseau ;
· Réaliser 30 000 nouveaux branchements sociaux et ordinaires ;
· Réduire significativement les pertes physiques et commerciales d’eau ;
· Faire progresser le rendement technique du réseau de 52 % à 75 %.
Une coopération belge au cœur du projet
La dimension internationale du projet a été mise en avant au cours de la cérémonie. Les entreprises belges ASPAC et le groupement PUTMAN/PHŒNIX ENVIRONMENT ont été retenues pour la mise en œuvre technique du projet aux côtés de la CAMWATER. S’exprimant au nom du Royaume de Belgique, l’ambassadeur de Belgique au Cameroun, Alain Leroy, a salué la qualité des échanges avec les autorités camerounaises et réaffirmé l’engagement de son pays.
Un projet au service des populations du Grand Yaoundé
Le projet bénéficiera directement aux populations de Yaoundé, Soa, Akak, Mfou, Bikok et Mbankomo, notamment celles qui ne disposent pas encore d’un accès régulier à l’eau potable ou qui subissent encore des perturbations de service. Les abonnés non domestiques – établissements scolaires, universitaires, hospitaliers, administratifs, commerciaux et industriels – tireront également un bénéfice considérable de cet investissement structurant.
Prévu pour une durée de 36 mois, ce chantier ouvre la voie à une transformation progressive du réseau de distribution, dans la perspective d’un accès plus fiable et plus durable à l’eau potable pour les près de quatre millions d’habitants du Grand Yaoundé.

