ECONOMIE

Kikot-Mbebe: Le Cameroun ouvre les discussions avec les bailleurs pour son barrage hydroélectrique de 500 MW

Written by Annette Olinga


Une réunion de présentation de l’état d’avancement du projet aux partenaires financiers potentiels s’est tenue ce 15 septembre 2026 à l’Hôtel Hilton de Yaoundé, à l’initiative du Gouvernement camerounais et du Groupe EDF, porteurs du projet d’aménagement hydroélectrique de Kikot-Mbebe.

Présidée par le Pr. Ahmat Tom, président du conseil d’administration de la société Kikot-Mbebe Hydro Power Company (KHPC), cette rencontre a rassemblé les représentants des institutions financières et des partenaires au développement concernés par le financement du projet, ainsi que les différentes parties prenantes institutionnelles.

Un projet stratégique de 500 MW sur le fleuve Sanaga

L’aménagement hydroélectrique de Kikot-Mbebe sera établi sur le fleuve Sanaga, entre les départements de la Sanaga-Maritime, du Nyong-et-Kellé et de la Lekié. Avec une puissance installée de 500 MW, il est dimensionné pour devenir la plus grande infrastructure hydroélectrique du Cameroun, voire de la sous-région Afrique centrale. L’énergie produite sera évacuée par une ligne très haute tension de 400 kV, partant de Mbebe pour Omog sur un linéaire de 40 km.

La société KHPC, détenue à 50 % par l’État du Cameroun et à 50 % par EDF, a la charge du développement, de la construction et de l’exploitation des ouvrages du projet. Sa création en septembre 2023 s’inscrit dans la continuité du partenariat public-privé noué avec succès autour du barrage de Nachtigal.

Des avancées significatives dans la phase de développement

Lors de cette rencontre, les porteurs du projet ont présenté un état d’avancement marqué par des jalons importants :

· L’avant-projet détaillé (APD) des ouvrages principaux a été finalisé en 2025 ;
· Le processus de sélection initiale, clos en 2025, a permis de préqualifier les entreprises de construction sur les trois lots principaux : génie civil (GC), électromécanique (EM), ligne & poste (L&P). Les appels d’offres seront lancés en temps opportun ;
· Le Certificat de conformité environnementale et sociale a été délivré par le ministère en charge de l’environnement en 2026 ;
· Des discussions ont été initiées avec l’ARSEL, l’autorité de régulation, en vue de la délivrance du titre de concession ;
· Le processus de sécurisation foncière des différents sites est en cours, mené par les administrations compétentes de l’État du Cameroun.

Une mobilisation financière en préparation

La tenue de cette réunion traduit la volonté des différentes parties prenantes de concrétiser ce projet stratégique dans une démarche de concertation et de co-construction. Selon le président du conseil d’administration, les invitations adressées aux partenaires financiers ne sont pas le fruit du hasard, mais l’émanation d’un market sounding minutieusement mené par KHPC avec l’appui d’un cabinet financier. Cet exercice a permis d’identifier plus de 50 partenaires financiers ayant manifesté leur intérêt pour le projet.

« La construction de ce barrage ne peut se faire efficacement sans votre accompagnement. Ce projet a besoin de votre adhésion, de votre soutien, de votre implication », a déclaré le Pr. Ahmat Tom à l’attention des bailleurs potentiels.

La rencontre ouvre une nouvelle phase d’une série de concertations dédiée aux perspectives de financement, qui aura pour couronnement une grande conférence des bailleurs envisagée par le Gouvernement. Des discussions bilatérales avec chaque potentiel prêteur seront organisées dans les prochains jours, dont le calendrier sera communiqué par la Direction générale de KHPC.

Un enjeu crucial pour l’équilibre offre-demande

Le projet de Kikot-Mbebe a été placé au cœur de la stratégie du secteur de l’électricité pour apporter une réponse appropriée au déséquilibre offre-demande auquel le pays pourrait être confronté dès 2027 si rien n’est fait. La dynamique actuelle du secteur, caractérisée par la mise en service du barrage de Nachtigal et la transformation d’Enéo en Socadel, société à capitaux publics, n’est pas sans implication sur le projet, qui devra s’ajuster si nécessaire.

« Chaque mois de retard dans la réalisation du barrage de Kikot représente des GWh qui manquent au rendez-vous, des revenus du secteur différés, des points en moins au PIB du Cameroun », a averti le président du conseil d’administration, émettant le vœu que cette rencontre ouvre « une nouvelle ère d’une collaboration riche et fructueuse » pour réaliser cet important barrage au plus tôt et au coût optimal, dans l’intérêt bien compris du Cameroun et de ses partenaires techniques et financiers.

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