Le Comité national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (CNDDR) a officiellement lancé ce 6 Juillet, un atelier stratégique de deux jours à Yaoundé, consacré à l’élaboration et à l’adoption des plans d’action régionaux de DDR. Placée sous la houlette du Coordonnateur national du CNDDR, M. Faï Yengo Francis, cette rencontre marque une étape décisive dans la mise en œuvre opérationnelle de la toute première Stratégie nationale de DDR du Cameroun, validée techniquement en décembre 2025. L’objectif est d’adapter cette feuille de route nationale aux réalités spécifiques des trois régions concernées par le processus que sont l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, en dotant chacune d’un plan d’action concret et opérationnel.
Dans son discours d’ouverture, M. Faï Yengo Francis a tenu à souligner l’importance cruciale de cette rencontre. « Aujourd’hui, nous allons discuter et adopter le plan régional DDR. Pourquoi les plans régionaux ? Parce qu’en décembre dernier, nous avons adopté la stratégie nationale. Cette stratégie, vous savez, c’est l’ensemble des règles, des procédures, des méthodes qui guident le processus du DDR. Donc maintenant, comme les régions ne sont pas identiques, chaque région va présenter son plan local d’action et après discussion, amendement, nous allons adapter ce plan-là à la stratégie nationale. C’est l’importance de cette rencontre », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité d’une déclinaison territoriale cohérente pour répondre efficacement aux défis locaux.

L’atelier, qui se tient en présence de nombreux partenaires internationaux, a été marqué par une série d’allocations. Le Coordonnateur national a exprimé la gratitude du Cameroun envers le Centre international d’études sur les conflits de Bonn (BICC), la Commission de l’Union africaine (CUA) et la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT). Il a salué leur accompagnement technique et financier, indispensable à la structuration et à la crédibilité du processus de DDR camerounais. Le Représentant du BICC, le Représentant de la CUA et celui de la CBLT ont tous pris la parole pour réaffirmer leur engagement aux côtés du CNDDR, saluant les progrès accomplis et la vision stratégique portée par le gouvernement.
Depuis sa création par décret présidentiel en novembre 2018, le CNDDR a réalisé des avancées significatives sur le terrain. Plus de 4 000 ex-combattants ont déjà été désarmés et démobilisés à travers les centres régionaux de Mora, Buéa et Bamenda. Parmi les étapes marquantes, la première opération de réinsertion formelle à grande échelle menée en décembre 2024 dans l’Extrême-Nord a permis la libération officielle de 708 ex-combattants, dont 447 enfants associés aux groupes armés et plus d’une centaine de femmes. Cette réussite, souligne le CNDDR, prouve l’efficacité du système et renforce la nécessité de disposer désormais de plans d’action régionaux robustes pour pérenniser et étendre ces résultats.

Les travaux des deux jours se structurent autour de sessions de groupe visant à examiner et enrichir les projets de plans élaborés par les comités régionaux, à combler les lacunes identifiées et à aligner les priorités sur la stratégie nationale. Plusieurs axes thématiques sont au cœur des discussions : le désarmement et la gestion des armes, la démobilisation et le soutien transitoire, la réinsertion socio-économique avec une attention particulière pour le volet psychosocial et la réduction de la violence communautaire, ainsi que la communication stratégique et la mobilisation des ressources. Une attention toute particulière est accordée à l’intégration du genre, de la protection de l’enfance et de l’inclusion des personnes vulnérables comme des priorités opérationnelles transversales.
À l’issue de ces deux jours, deux résultats concrets sont attendus : deux plans d’action régionaux enrichis et un cadre de résultats validé. Un second atelier est d’ores et déjà prévu pour la finalisation et la validation définitive des documents. En déclarant officiellement ouverte cette rencontre, M. Faï Yengo Francis a invité l’ensemble des participants, venus des centres régionaux, des ministères, des organisations de la société civile et des partenaires techniques, à un engagement constructif. « Puisse nos débats être francs, nos propositions ambitieuses et les engagements que nous prendrons ici être honorés dans leur pleine mise en œuvre. Ensemble, nous posons les bases d’un processus de DDR crédible, inclusif et capable de produire les résultats de paix et de réinsertion que le peuple camerounais mérite », a-t-il conclu.

