La capitale tchadienne abrite depuis ce 11 Mai 2026, la 5ᵉ édition du forum tripartite réunissant le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine. Une rencontre décisive pour l’avenir des corridors commerciaux en Afrique centrale, marquée par une offensive diplomatique et logistique camerounaise de premier plan.
À la tête d’une imposante délégation, le ministre camerounais des Transports, Jean Ernest Ngallè Bibéhè Massena, a fait le déplacement aux côtés des directeurs généraux des ports autonomes de Douala et de Kribi. Pendant trois jours, administrations, autorités portuaires, conseils des chargeurs et opérateurs privés des trois pays vont plancher sur un objectif commun : fluidifier les axes Douala-Kribi–N’Djamena–Bangui, réduire les délais de passage et sécuriser le transit des marchandises.
Douala et Kribi main dans la main
En orchestrant une participation conjointe de ses deux principales plateformes portuaires, le Cameroun entend conforter son statut de porte d’entrée incontournable pour les économies enclavées de l’hinterland. Pour le Port de Kribi, l’événement est aussi une vitrine. L’occasion de promouvoir sa zone industrialo-portuaire, ses infrastructures modernes et les mesures incitatives destinées aux investisseurs et chargeurs sous-régionaux.
« Il faut consolider les acquis en matière de fluidité et de coopération logistique entre nos trois États », a insisté Cyrus Ngo’o, également président de Port Synthèse. Le ministre camerounais des Transports a, pour sa part, détaillé les efforts engagés par son pays : amélioration des infrastructures routières et portuaires, modernisation des chaînes logistiques, et lutte contre les entraves au transport.

Un levier pour l’intégration régionale
Au-delà des enjeux commerciaux immédiats, ce forum tripartite s’impose comme un instrument clé d’intégration sous-régionale. Pour le Cameroun, le Tchad et la RCA, l’ambition est claire : bâtir un corridor plus compétitif, sécurisé et performant, capable de soutenir durablement les échanges et le développement économique de toute la région.
À l’heure où les chaînes d’approvisionnement mondiales se réorganisent, N’Djamena devient ainsi le laboratoire d’une coopération logistique qui pourrait faire office de modèle en Afrique centrale.

