ECONOMIE

Mathématiques et développement africain : Le Professeur Abdon Atangana éclaire le public de la Pondi Foundation

Written by Annette Olinga

Ce 7 mai 2026, dans le cadre d’une conférence internationale dédiée au rôle stratégique des mathématiques dans la transformation du continent africain, le Professeur Abdon Atangana, mathématicien camerounais classé numéro un mondial par l’Université de Stanford (2019-2023), a livré une prestation remarquée. Organisée par la Pondi Foundation, présidée par le Professeur Jean-Emmanuel Pondi, la rencontre a rassemblé décideurs, chercheurs et jeunes autour d’un diagnostic sans complaisance : l’Afrique doit faire des mathématiques un levier de souveraineté et d’ingénierie pour son développement.

Placée sous le thème « Le rôle des mathématiques dans la transformation de l’Afrique », la conférence a tenu ses promesses en dépassant le cadre académique pour aborder des enjeux concrets : intelligence artificielle, finance, santé, modélisation climatique, infrastructures et gouvernance. Modéré par le Professeur Charles Awono Onona, vice-président de l’ICT University, l’échange a mis en lumière la nécessité d’un électrochoc scientifique pour combler le retard du continent.

Un diagnostic chiffré sans appel

Dans son intervention liminaire, le modérateur a rappelé des données édifiantes :

· 2,5 millions d’ingénieurs supplémentaires nécessaires en Afrique subsaharienne, selon la Banque mondiale ;
· 55 000 ingénieurs formés par an sur le continent, contre 1,5 à 2 millions en Chine et 850 000 à 1,5 million en Inde ;
· Des ratios critiques, comme un ingénieur pour 6 000 habitants dans certains pays, rendant impossible toute transformation durable sans un sursaut collectif.

Le concret des équations : exemples sud-africains et namibiens

Le Professeur Abdon Atangana a illustré par des cas pratiques comment les mathématiques résolvent des problèmes réels. En Afrique du Sud, son équipe a modélisé la migration de polluants issus de cimetières vers des nappes phréatiques utilisées par des populations vulnérables, en s’appuyant sur une dérivée qu’il a lui-même introduite – la dérivée d’Atangana. Résultat : déplacement des habitants et décisions sanitaires fondées.

En Namibie, face à un projet d’extraction d’uranium menaçant les terres agricoles, les mathématiques de l’optimisation et de la modélisation des nappes ont permis de convaincre le gouvernement de ne pas autoriser l’exploitation, protégeant ainsi la souveraineté alimentaire du pays.

Pr. Abdon Atangana

Gouvernance, optimisation des ressources et salubrité publique

La conférence a également abordé la gouvernance comme problème mathématique. Répartition budgétaire, nombre optimal d’écoles primaires, localisation des commissariats, gestion des ordures ménagères et production d’énergie via des biodigesteurs : autant de domaines où les mathématiques permettent d’optimiser des ressources rares et de prendre des décisions non plus idéologiques, mais prédictives.

Les échanges ont souligné que contrairement aux pratiques empiriques observées sur le continent, les pays développés réalisent des études préalables (projections à 25, 50 ou 100 ans) pour dimensionner leurs infrastructures – routes, hôpitaux, universités – en fonction de la densité et des besoins réels.

Un appel aux décideurs et à la jeunesse

En conclusion, les professeurs Pondi, Atangana et Awono Onona ont lancé un appel solennel :

· Aux États africains : intégrer systématiquement la modélisation mathématique dans l’élaboration des politiques publiques, des budgets et des plans d’aménagement.
· À la jeunesse : s’emparer des mathématiques comme outil de transformation personnelle et collective, en cessant de les percevoir comme une discipline abstraite.

La Pondi Foundation, active depuis janvier 2026 après sa création en 2022, a annoncé la poursuite de ses actions de plaidoyer pour une « révolution mathématique » en Afrique. Les personnes inscrites à l’événement recevront prochainement l’intervention enregistrée du Président Faustin-Archange Touadéra, initialement prévu, qui n’a pu se joindre à la conférence en raison de son agenda institutionnel post-investiture.

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