SOCIETE

Interdiction de tenues assimilées : La WCAHR-UN clarifie sa position et se conforme à l’arrêté du MINAT

Written by Annette Olinga

Face à la presse vendredi dernier, le Directeur Exécutif de la WCAHR-UN et Coordinateur CEMAC, Tsana Liboire, a tenu à clarifier la position officielle de son organisation suite à l’arrêté du Ministre de l’Administration Territoriale, Paul Atangana Nji, interdisant le port de tenues, insignes et signes distinctifs semblables à ceux des Forces de Défense et de Sécurité et du système des Nations Unies par les organisations à but non lucratif.


Dans une déclaration solennelle devant les journalistes, le Directeur Exécutif a souhaité apporter des éclaircissements à l’opinion publique nationale et internationale, dans un contexte marqué par des mesures prises par les autorités compétentes à l’encontre de certaines organisations opérant sur le territoire national. Il a, à cette occasion, salué l’action du Ministère de l’Administration Territoriale et des Forces de défense et de maintien de l’ordre, visant à stopper les dérives constatées.


Le responsable de l’organisation a tenu à rappeler que la WHR – World Chaplain Human Rights Association, antenne du Cameroun, désormais WCAHR-UN, est une organisation à but non lucratif légalement autorisée à exercer au Cameroun depuis trois ans. Depuis son implantation, a-t-il insisté, l’organisation a toujours inscrit ses actions dans le strict respect des lois et règlements de la République.
« La WHR n’est pas une organisation qui se substitue au travail des Forces de sécurité ni de défense. Nous n’exerçons aucune mission de contrôle routier ou de police administrative. Nos membres ne portent pas d’armes. Nous sommes certes une armée, mais une armée au service de la paix. Et nos armes, c’est la parole basée sur Dieu », a martelé Tsana Liboire, rappelant la vocation d’aumônerie de l’organisation.


L’organisation dit condamner avec la plus grande fermeté toute pratique susceptible de créer la confusion auprès des populations, de porter atteinte à l’autorité de l’État, de compromettre la sécurité publique ou de ternir l’image des véritables organisations humanitaires et des corps d’aumônerie. Elle affirme n’avoir jamais été impliquée dans des troubles à l’ordre public ni dans des activités contraires à la loi, et revendique une collaboration constante avec les autorités administratives dans un esprit de partenariat, de responsabilité et de loyauté.


Au titre de son bilan, la WCAHR-UN met en avant trois années d’initiatives citoyennes et humanitaires, notamment des marches pacifiques pour la promotion de la paix et du vivre-ensemble durant les périodes sensibles de la vie démocratique du pays, ainsi que la signature d’une feuille de route de collaboration avec les autorités compétentes. Un rapport d’activités retraçant sa conformité aux exigences de l’État serait d’ailleurs en cours de finalisation à l’attention du MINAT.


Intervenant à son tour, Sama Ange, Coordinateur national délégué de la WCAHR pour la région du Centre, a articulé la position de l’organisation autour de trois points essentiels. Le premier est la bonne foi. Selon lui, si l’organisation a arboré des tenues, c’était exclusivement pour des besoins d’identification lors de ses activités de promotion de la paix, pour des raisons de discipline interne et pour des cérémonies protocolaires, et non dans le but d’induire les populations en erreur ou de se substituer aux Forces de maintien de l’ordre ou aux Nations Unies. Il précise que la référence aux Nations Unies s’explique par le fait que l’organisation suit sa feuille de route en matière de paix et de droits de l’Homme.


Le deuxième point est la conformité immédiate au nouvel arrêté. L’arrêté N° 000106/A/MINAT du 21 juillet 2025, rendu public le 21 juillet, dispose en son article 1er l’interdiction, sur toute l’étendue du territoire, du port et de la détention par les membres des organisations à but non lucratif de tenues et insignes semblables à ceux des Forces de Défense et de Sécurité et du système des Nations Unies. L’article 2 invite les dirigeants à les mettre à disposition des autorités administratives de leur siège dans un délai de quinze jours, sous peine de poursuites judiciaires prévues à l’article 3.


En application de cette disposition, la WCAHR-UN annonce s’être déjà conformée. Une correspondance a été adressée au Préfet pour solliciter une audience en vue de la remise officielle et volontaire des effets concernés, notamment les tenues, logos et insignes portant la mention d’officier aumônier.


Tout en comprenant la nécessité pour le gouvernement de préserver l’ordre public et la crédibilité des organisations, la WCAHR-UN a plaidé pour une distinction claire entre les organisations respectueuses de leurs engagements et celles dont les comportements seraient contraires aux lois.


À ses partenaires nationaux et internationaux, à ses membres et au gouvernement, l’organisation a renouvelé son message de sérénité, son engagement à accompagner les politiques publiques de consolidation de la paix, de cohésion sociale et de protection des droits humains, et son attachement indéfectible aux lois et aux institutions de la République du Cameroun.

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