M. Jean Nlend, Directeur des Affaires Maritimes et des Voies Navigables au Ministère des Transports a répondu aux questions sur les activités illégales non réglementés. L’interview a été réalisée dans le cadre du dossier réalisé par André NAOUSSI, Leocadia BONGBEN, Boris NGOUNOU, du réseau MEFAR (Media for Fish and Animal Resources). Avec le soutien de l’Ong AMCO (African marine Conservation Organization).
« Il faut un dispositif de surveillance performante et omniprésente »
Q : Comment expliquer la quantité importante des bateaux battant pavillon Cameroun à travers le monde ?
R : il n’y a pas de procédure unique au monde. Le Cameroun a opté pour le ‘’Registre ouvert’’ : le propriétaire n’est pas forcément Camerounais, et le navire n’a pas besoin de venir au Cameroun pour être immatriculé. Mais, s’il est déjà enregistré ailleurs, il doit d’abord être radié dudit pavillon, ce qui se vérifie à l’Organisation Maritime Internationale (OMI ).
Les immatriculations sont effectuées dans quatre Circonscriptions Maritimes : Douala, Kribi, Garoua, Limbe-Tiko Le pavillon Cameroun compte en 2026 environ 300 engins, y compris les engins de pêche. Le pavillon Cameroun est attractif pour diverses raisons, dont la souplesse des procédures, le coût modéré des frais d’enregistrement, le faible taux des amendes, mais aussi la formation régulière de ses agents par des garde-côtes américains, avec familiarisation au Code ISPS.
Toutefois, les immatriculations sont suspendues depuis février 2026 par le Premier ministre Chef du gouvernement.
Q : Quelles mesures peuvent-elles contribuer à assainir ce pavillon ?
Il y a déjà en cours, une accélération de la révision des textes et une mise à jour des procédures techniques, pour assurer un alignement adéquat sur les normes internationales. Il faudrait finaliser l’interconnexion des quatre Circonscriptions maritimes ; le dispositif est effectif, les personnels formés, mais le logiciel est en attente de financement (pour l’instant, un code QR est attribué à chaque navire immatriculé).
Le défi majeur demeure le ‘’tracking’’, un dispositif de suivi 24h sur 24 et omniprésent de tous les mouvements des navires du pavillon camerounais en haute mer sur toute la planète.

