SOCIETE

Pêche illégale non réglementée: Patrick Ngoyi, pêcheur à Mbiako: “En un an, j’ai subi cinq destructions de mes filets”

Written by Annette Olinga

Arrivé il y a cinq ans à Mbiako, dans le littoral camerounais, Patrick Ngoyi témoigne des ravages de la pêche illégale, non réglementée et non déclarée (INN). Entre filets détruits par des bateaux industriels, mailles trop fines qui épuisent la ressource et administration qui réclame des preuves GPS inaccessibles, ce pêcheur artisanal de 40 ans voit son métier et son village se vider. Il lance un appel aux autorités : << Ne plus fermer les yeux. >>>

Le témoignage de Patrick Ngoyi,  40 ans, pêcheur artisanal à Mbiako, enregistré dans le cadre du Dossier réalisé par André NAOUSSI, Leocadia BONGBEN, Boris NGOUNOU, du réseau MEFAR (Media for Fish and Animal Resources). Avec le soutien de l’Ong AMCO (African marine Conservation Organization).

« Je ne suis pas né ici,  je viens à Mbiako depuis 5 ans, avant d’avoir ma propre pirogue, je venais ici. J’ai subi en une année cinq destructions de filets par des bateaux de pêche, qui sont entrés dans mon filet et l’ont détruit. Parfois avec les bateaux d’une même compagnie, Chanlong 7. La dernière fois, on était ensemble avec mon pêcheur. J’ai  porté plainte, mais plutôt on m’a demandé les preuves avec le GPS : je prends ça où ? 

Les bateaux de pêche arrivent près de la côte, alors que nous n’avons pas les moyens d’aller ou large, parce qu’il faut le carburant, il faut des embarcations plus puissantes. En plus, ils utilisent des filets très fins, avec des mailles de moins de 7 doigts, qui ramassent même les petits poissons qui doivent encore grandir. Auparavant, en une journée en mer, un pêcheur rentrait avec 30 gros poissons ; aujourd’hui, il faut qu’ils utilisent des filets très longs pour aller en mer, pour revenir avec peut-être 5 ou 10 poissons.

Les gens fuient d’ici pour aller se débrouiller dans les grandes villes, parce qu’on les a appauvris avec la pêche pirate. Les services de l’État doivent nous protéger, et ne plus fermer les yeux sur la pêche pirate que tout le monde voit. »

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Annette Olinga

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