Ce 19 mars 2025 marque une étape décisive dans le projet de reconstruction de la route Ngaoundéré-Garoua, un axe stratégique pour le développement économique et social du Cameroun. Le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a assisté à la signature des accords de prêt entre l’État camerounais et la Banque Africaine de Développement (BAD). Ces accords officialisent la mise à disposition d’une enveloppe financière de 216 milliards de FCFA destinée à financer la quatrième phase du Programme d’Appui au Secteur des Transports (PAST).
Un projet structurant pour le Nord et l’Adamaoua
La route Ngaoundéré-Garoua, d’une longueur totale de 249 kilomètres, est un axe vital reliant les régions de l’Adamaoua et du Nord. Elle joue un rôle clé dans le désenclavement des zones rurales, la facilitation du transport des marchandises et l’amélioration de la mobilité des populations. Le projet de reconstruction est divisé en deux lots principaux. Le premier lot, d’une longueur de 128,9 km, couvre la section Ngaoundéré – pont sur le Mayo Salah, traversant plusieurs arrondissements et départements, dont Ngaoundéré 2ème, Ngaoundéré 3ème, Mbé (département de la Vina) et Tcholiré (département du Mayo Rey).
Outre la reconstruction de la route, le projet prévoit également l’aménagement d’infrastructures socio-économiques, la réhabilitation des routes de désenclavement des bassins agricoles, et des appuis au secteur privé. Des aménagements spécifiques sont également prévus au bénéfice de l’Université de Ngaoundéré, renforçant ainsi le pôle éducatif et de recherche de la région.
Trois composantes majeures pour un projet global
Le projet se structure autour de trois composantes principales, visant à garantir une approche holistique et durable.
- Infrastructures résilientes
Cette première composante inclut la reconstruction de la section Ngaoundéré – pont Sala (128,9 km) et de la section pont Sala – pont sur la Bénoué (111,95 km). Elle prévoit également la construction de trois échangeurs, une station de pesage à Manwi, un poste de péage à Ouro-Donka, ainsi que des activités de reboisement le long de la route. Ces travaux visent à améliorer la durabilité et la résilience des infrastructures face aux défis climatiques. - Renforcement des performances opérationnelles
La deuxième composante se concentre sur l’amélioration des capacités des acteurs du secteur routier. Elle inclut l’élaboration d’un catalogue de dimensionnement des structures de chaussées résilientes, l’évaluation technique et institutionnelle du modèle financier LABOGENIE, ainsi que l’audit technique et organisationnel du MATGENIE. En outre, des équipements modernes, tels que des radars embarqués pour le contrôle de la vitesse, seront acquis pour renforcer la sécurité routière. Des stations météorologiques seront également construites à Gamba et à l’entrée de Garoua, tandis que des formations aux premiers secours seront dispensées aux populations riveraines. - Gestion du projet et réinstallation des riverains
La troisième composante concerne la gestion du projet et la mise en œuvre d’un plan d’action pour la réinstallation des populations affectées. Elle inclut des indemnisations justes et équitables pour les riverains concernés, garantissant ainsi une transition harmonieuse et respectueuse des droits des communautés locales.
Un pas vers le développement durable
La signature de ces accords de prêt représente une avancée majeure pour le Cameroun, qui s’engage ainsi dans un projet d’infrastructure de grande envergure, capable de stimuler l’économie locale, d’améliorer les conditions de vie des populations et de renforcer la résilience face aux changements climatiques. La collaboration entre l’État camerounais et la Banque Africaine de Développement témoigne de l’importance accordée à ce projet, qui s’inscrit dans une vision à long terme de développement durable et inclusif.
Avec la mise à disposition des fonds et la présentation des propositions d’attribution des marchés à la Commission de Passation de marchés, le projet de reconstruction de la route Ngaoundéré-Garoua entre désormais dans une phase concrète de réalisation. Les populations des régions de l’Adamaoua et du Nord peuvent ainsi espérer des retombées positives en termes de connectivité, de sécurité et de développement économique dans les années à venir.